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Col Agnel (05) Altitude 2744 mètres



Pour ce périple qui s’annonçait long et difficile je préférais éviter le retour jusqu’au VVF de Ceillac par la redoutable côte finale. Le vélo fut donc chargé à l’arrière de l’Opel Zafira, direction Maison du Roy.
L’heure matinale avec son air frisquet accompagné d’une légère brise m’incite à me couvrir d’un coupe-vent durant les premiers km le long du Guil. Vivement que ça grimpe un peu pour que les jambes se réchauffent.

La route est sympa notamment entre des falaises propices à l’escalade. Une petite portion montante autour d’un monument dédié à la résistance annonce la bifurcation vers le célèbre col de l’Izoard. Ce ne sera pas pour cette fois-ci car il me faut continuer tout droit direction Château Queyras. C’est un plaisir que de grimper pour la traversée basse de ce village typique. Ca redescend aussi sec, le début du col ne se trouve plus très loin.



Chateau Queyras

Au bout de 16 km, le pont à droite avec le panneau indiquant le départ du col m’incite à m’arrêter pour m’alléger du coupe-vent ainsi que faire une pause-pipi car la route risque d’être longue pour atteindre les 2744 mètres d’altitude.
Le soleil commence a être généreux, les jambes tournent bien, ça s’annonce pas trop mal. Dès les premiers hectomètres je ressens la pente. La route s’élève rapidement au dessus de la vallée. A travers des résineux on voit très bien Château Queyras, j’en prends plein les yeux. En tombant les braquets, la moulinette s’est bien mise en route. Un coup assis, un coup en danseuse, pourvu que ça dure ! Au bout de plusieurs kilomètres, j’aperçois sur ma droite une cheminée de Pierre surmontée d’un rocher, il s’agit de la "Demoiselle coiffée".



La demoiselle coiffée

Après cette première partie sportive, la pente est moins sévère à l’approche de Molines en Queyras. Ce village est composé de plusieurs parties au milieu de prairies. Arrivé à un croisement il ne faut pas oublier de prendre à gauche une petite route rugueuse et pentue au milieu des chalets qui surprend quelque peu. Le lieu est typique, on s’y attarderait volontiers mais il faut poursuivre si on veut aller tout en haut.

La sortie du village est sympa, la pente n’est pas très importante ce qui laisse le temps d’admirer le paysage somptueux. A ma droite un torrent suit la route au milieu de rochers. J’ai la bonne surprise d’apercevoir une marmotte dressée sur l’un d’eux. Je scrute tout autour et j’en vois plein d’autres occupées à profiter du soleil tant qu’il n’est pas trop chaud. Je souris à la vue de ces sympathiques mammifères. Tout au long de cette partie de route il me sera donné d’en voir encore plusieurs. Parfois le silence est ponctué du sifflement de l’une d’entre elles, aussitôt c’est "tout le monde aux abris!".

Je continue mon épopée en laissant à regrets mes compagnes de route. Je parviens ensuite à un autre village Fontgillarde qui se dit être le dernier avant la frontière. Il est fleuri , les chalets sont comme de coutume composés de bois. Une fontaine accueillante propose son eau limpide à un cyclo arrêté qui me salue amicalement. Après ce village, la route s’étend dans les Alpages, l’altitude se précise, on doit approcher les 2000 mètres.

Parvenu à une petite baraque sur la droite de la route, 2 personnes de l’équipement occupés avec des engins me font un signe amical. Après, c’est le début du clou du spectacle. Je vois tout au fond ce qui semble être le sommet du col mais auparavant il va me falloir franchir tous les lacets qui s’annoncent. Les premiers donnent le ton, le pourcentage est soudain beaucoup plus prononcé. La longueur de l’effort ajouté à l’altitude et la difficulté me font ressentir la fatigue. Je suis moins à l’aise, plus du tout "aérien". Il faut à présent serrer les dents et mettre petit, tout petit. Une belle marmotte traversant la route à ce moment là me redonne du baume au cœur.

Mon expérience en montagne m’a appris à être patient, je ne m’affole pas, le sommet n’est pas si loin après tout. Après plusieurs km à ce rythme, d’un lacet à l’autre, j’arrive à une sorte de replat (relatif) où sont concentrés beaucoup de voitures car c’est le lieu de départ de plusieurs belles randonnées pédestre.



Vue sur les derniers lacets

Il y a une bâtisse, quelques névés à l’ombre et au dessus le sommet du col. Les forces me reviennent, j’appuie un bon coup sur les pédales. Allez, encore une épingle, je finis comme un bolide jusqu’au panneau.

Ca y est j’en ai terminé avec ce col, le plus haut que j’ai jamais escaladé. Au total, 21 km en 1 h 37 mn pour près de 1400 mètres de dénivelé je suis beaucoup moins "cramé" que lors de l'ascension du Galibier deux ans auparavant car j'ai mieux géré ce col tout de même moins dur même s'il est plus haut.
Il fait très beau ce qui me permet d’avoir un point de vue splendide sur le versant transalpin car j’ai franchit la frontière ! Le panneau en pierre est là pour rappeler que le sommet du col marque également la frontière avec l’Italie.



La frontière

Ce côté là m’a l’air vraiment corsé, les pourcentages semblent impressionnant. Il vaut mieux faire demi-tour car il me faut repartir à regrets direction Maison du Roy après avoir enfilé mon sempiternel coupe-vent car j’ai tout de même pas mal transpiré.

La descente est un régal, tout d’abord parce que la vitesse est grisante mais aussi car les paysages sont majestueux. Décidément, le Queyras me plait beaucoup, en plus il y fait (presque) toujours beau, pour le vélo c’est le paradis.

Je parvins à mon véhicule sans encombre en un peu moins de 3 heures 30 d’effort bien content de n’avoir pas à me "farcir" les monstrueux 6,5 km vers Ceillac qui m’auraient achevés. Ce fut une matinée de vélo mémorable, comme on aimerait en vivre plus souvent.

D.Taya2. Mars 2004


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