Col de la Cayolle (04) Altitude 2327 mètres

Décidément, ce pays me plait de par son incroyable climat ! Il fait en effet encore et toujours beau. Les conditions sont idéales en cette belle matinée pour partir à la chasse aux cols, prochain objectif : le col de la Cayolle.
Jusqu’à la sortie de Barcelonnette le parcours est commun avec celui du col d’Allos escaladé trois jours plus tôt. Il faut ensuite bifurquer à gauche en gardant une pente très douce. Un premier village est traversé sans coup férir. Il s’agit à présent de remonter le long d’une rivière en contrebas. Cet endroit a été aménagé pour la détente et le camping, il doit être bien agréable de venir y pique niquer en famille.
Pour l’heure il n’est pas question de flâner, la route est longue jusqu’au sommet. Au fur et à mesure que les parois se resserrent, je suis bluffé par la beauté de ses gorges dites du Bachelard, c’est magnifique. Comme les hostilités n’ont pas vraiment débuté, j’ai tout le loisir d’en prendre plein la vue. Pour sortir des gorges il faut passer dans un endroit carrément à l’ombre en cette heure matinale. Ceci ajouté à la présence de l’eau toute proche augmente la fraîcheur, d’autant plus que la pente est toujours douce. Allez, j’accélère pour me réchauffer en passant sur un pont majestueux au dessus des flots avec à droite une cascade somptueuse, que c’est beau !!

vallée du Bachelard
Changement de décor au sortir de ce défilé, la pente est un peu plus prononcé et le soleil me réchauffe de ses rayons si généreux dans ces montagnes du sud. J’en profite pour rattraper un groupe de cyclos et cyclotes qui l’ont pris très cool. Je les salue au passage, vu l’état de certain(nes) ils ne sont pas prés d’être en haut !
Machinalement je cherche les bornes qui jalonnent l’ascension en indiquant l’altitude et le kilométrage mais je ne les trouve pas toutes et pour cause, des intempéries d’une rare violence ont semble t-il par le passé emportés des pants entiers de route.
Régulièrement je traverse des petits ponts qui permettent de rouler quelques mètres sur un portion plane, avec pour certains une cascade à proximité.
Après quelques kilomètres je traverse un petit groupe de maisons. Il faut ensuite avaler quelques lacets avant de parvenir sur une sorte de plateau. Ici la pente est quasiment nulle, je peux donc prendre une bonne allure tout en profitant du paysage. Ce vaste plateau est entouré de montagnes toutes plus belles les unes que les autres. Sur ma gauche un panneau m’annonce que la montagne dominante toute en falaise est une réserve où se trouvent les bouquetins. J’y reviendrai le lendemain accompagné de mon épouse en randonnée avec guide et en effet nous verrons de nombreux bouquetins tout la haut après les barres rocheuses.
En attendant je poursuis mon chemin, petit à petit je me rapproche de la fin de cette haute vallée où pousse une belle herbe verte. La longue partie calme va sans doute se terminer car au bout il n’y a que des montagnes.
Une portion en légère descente suivie d’une belle courbe à droite et brutalement j’attaque une pente beaucoup plus raide. Il faut tomber les braquets, petit plateau obligatoire. Les lacets semblent sévères car le contraste est saisissant avec la partie précédente. Il faut prendre un nouveau rythme.
Le paysage a changé, je suis entouré de résineux au milieu de prairies et rochers, c’est très beau. Au bout de quelques kilomètres la pente se radoucit quelques peu. Régulièrement je traverse des petits ponts au dessus de torrents. Un peu plus haut une des ces ponts attire mon attention car il est beaucoup plus grand que les autres. Un couple de cyclos chargé comme des mules le traverse justement. Un petit coup de reins pour parvenir jusqu’au pont me permet de souffler tout en le traversant. Les kilomètres accumulés commencent à se faire sentir, les jambes sont un peu plus lourdes.

Un des nombreux ponts
Lorsque je rejoins les cyclos je réalise à quel point il faut du courage pour se hisser jusqu’au sommet pareillement alourdi. C’est incroyable le poids qu’ils traînent dans leurs nombreuses sacoches. Un mot d’encouragement avant de poursuivre ma route, lorsque je suis dans les lacets suivant j’ai l’impression qu’ils n’ont pas bougés tellement leur vitesse est réduite.

Un autre pont
Concentré sur mon effort, je suis soudain distrait par deux petites marmottes dont une est carrément sur la route à l’ombre d’un sapin. Dérangés elles courent se réfugier dans leur terrier à deux mètres à peine de la route, pour un peu je leur aurai roulé dessus ! Cette scène m’a mis en joie, je repars de plus belle afin d’en terminer avec ce très long col.

Salut les marmottes
Les bornes me signalent que je ne suis plus très loin du sommet, les 2000 mètres sont franchis depuis un bon moment. Comme je suis un peu fatigué je trouve le final un peu long mais enfin ça y est le dernier kilomètre est là, je vais pouvoir accrocher ce très beau col à mon modeste palmarès.
C’est toujours une joie que de parvenir au sommet. Partir d’une chaude vallée au paysage méditerranéen, laisser sur le bitume beaucoup de sueur, croiser des décors différents au fur et à mesure que la route s’élève, alterner souffrances et moments euphoriques pour enfin au bout de l ‘effort vaincre un col est à chaque fois une véritable aventure.
Celle-ci fut belle, je ne l’oublierai pas de sitôt, ce col de la Cayolle est un des plus beaux qu’il m’ait été donné de grimper. Il m’aura fallut tout de même 1 heure 43 pour venir à bout de ces 27 kms qui m’ont emmenés à 2327 mètres d’altitude.
Pour en terminer avec cette petite histoire vécue le 14 juillet 2004 il me reste à enfiler mon coupe-vent et me laisser glisser jusque tout en bas à Barcelonnette. C’est l’occasion de voir défiler à plus grande vitesse les décors qui m’ont fait rêver quelques minutes plus tôt. Je croiserai également tous ceux que j’ai doublés en montant et qui n’en ont pas encore finis, notamment mon couple ce cyclos/sacoches toujours à la même allure, obstinés dans leur effort. Je ne doute pas une seconde qu’ils parviennent eux aussi au sommet. Ils ont, c’est sûr, beaucoup plus de mérite que moi !
D.Taya2 Décembre 2004
Haut de page
|