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Cime de la come Morera (66) Altitude + 2000 mètres

Quelques jours après avoir vaincu le Col "del Pam" je décidais de m’offrir un autre col découvert sur le même magazine de vélo dénommé Cime de la Coma Morera indiqué à plus de 2200 mètres. J’en avais discuté avec mon collègue Orléanais ainsi qu’un autre passionné de vélo présent au centre de vacances. Ce dernier avait d’ailleurs été reconnaître ce col en voiture et il en était revenu démotivé en disant qu’il s’agissait d’une toute petite route avec des pourcentages beaucoup plus sévère que pour grimper à Font-Romeu. Pour sa part il ne se sentait pas de le faire, l’Orléanais encore moins!
Hé bien moi c’était plutôt l’inverse, j’avais hâte d’y être. Il fallait juste que je calcule bien l’horaire pour faire l’aller retour dans la matinée.

De bon matin, le centre de vacances endormi, j’enfourche mon vélo, pour commencer par une longue descente jusqu’à Bourg Madame par la route emprunté quelques jours auparavant dans l’autre sens. Il ne fait pas très chaud, j’ai mis un coupe vent.
Ca y est, Bourg Madame altitude 1140 mètres, début de l’aventure. Tout d’abord un long faux plat montant jusqu’à Osseja, toujours le long de la voie de chemin de fer du petit train jaune que je croise justement. Un petit salut amical aux voyageurs et je quitte la grande route pour prendre à droite jusqu’à Osseja.



Le petit train jaune

Une légère descente pour franchir le torrent dénommé Llavanera. J’en profite pour m’arrêter afin d’enlever le coupe vent. Il fait beau, temps idéal pour grimper.

Je repars, je suis tout de suite dans l’ambiance, la route forestière est étroite pour s’élever au dessus d’un camping mais surtout les lacets sont irréguliers et pentus, plusieurs passages sont à 10 %. J’ai tombé les braquets, j’ai mis le 39/26, je n’ai donc plus de réserves!
Ca continue comme ça pendant 5 km avec des passages moins pentus, 6 à 8 % tout de même. Je double un cycliste en vtt à un rythme très lent, il n’est pas au bout de ses peines! Le paysage est sympa, des grandes herbes et des fleurs sauvages, il n’y a pas une voiture, j’ai chaud.

A présent j’arrive à un carrefour que j’avais repéré sur la carte, les 2 routes se rejoignent plus haut mais celle de gauche, la plus courte est plus pentue, 8% de moyenne contre 4% pour celle de droite. Mon choix est vite fait, je me sens bien et comme je n’ai pas beaucoup de temps si je veux rentrer avant le repas de midi je choisis la voie de gauche.
La route est toujours étroite et magnifique, quel plaisir, je découvre ce qu’est réellement un col, les pourcentages sont prononcés, plus de 8% mais je me régale, je tourne bien les jambes, un coup assis un coup en danseuse, toujours pas de voitures. La végétation change, ce sont maintenant des prairies très pentues. Je passe l’abri des Corones avant de rejoindre le col de Pradeilles (1983 mètres) où les 2 routes se rejoignent. Je dois me faufiler entre les vaches pour atteindre le sommet.
Je continue avant de m’apercevoir que je suis en train de redescendre. Demi-tour, je reviens sur mes pas car je n’en ai pas terminé. Je dois descendre du vélo pour me faufiler entre de grosses pierre posées sur la chaussée afin d’interdire aux véhicules de continuer. Je me remets en selle et c’est reparti, la route est en bon état avec de beaux lacets dans une forêt comme on en rêve, la pente est un peu moins soutenue avec tout de même des passages à 7%.

Je quitte la forêt, tout est pelé, les derniers km paraissent plus long, je suis loin de toute civilisation. Tiens des randonneurs avec sacs à dos, je ne suis donc pas si seul que ça! Il y a un peu de vent et il fait plus froid, je passe au milieu de chevaux, ça y est je suis en haut, la route s’arrête. C’est la frontière espagnole comme l’indiquent les petites bornes en pierre. La vue est splendide à 360°, devant moi l’Espagne, derrière la France.

Pas le temps de s’attarder, je remets le coupe vent et c’est parti pour près de 23 km de descente car je prends la route la plus longue, celle que je n’avais pas voulu emprunter à l’aller. C’est beaucoup moins agréable dans ce sens, la route est étroite et tortueuse, le revêtement plein de gravillon, la pente est raide, je ne suis pas rassuré. Je suis debout sur les freins, ça me semble interminable, dire que j’ai grimpé tout ça! Je croise au passage le vététiste qui a pris le chemin le plus long.

Retour à Osseja, le petit raidillon descendu tout à l’heure pour franchir le torrent me fait mal aux cuisses, dire qu’il faut remonter à Font-Romeu!
Je décide de couper au plus court par l’enclave espagnole de Llivia car l’heure tourne même si d’après ce que j’ai vu le jour où j’y suis passé en voiture ça grimpe sec. En effet, il y a de beaux lacets qui font mal aux jambes dès le départ puis je prends à nouveau le rythme. J’arrive au niveau du super-marché situé au croisement entre la route qui vient de Bourg Madame et celle qui va a Egat, là où quelques jours plus tôt j’avais constaté que mon camarade d’Orléans avait irrémédiablement lâché prise. Je pense à lui en me souvenant que dans Egat il a mis pied à terre. J’espère ne pas avoir à l’imiter.

Me voilà au pied du mur, le village est très sympa, j’arrive dans les rampes, un bon coup de reins et ça passe, ouf! Je continue dans la forêt, je ne suis plus très loin du village de vacances. Je l’aperçois dans les arbres, un dernier effort et me voilà rentré à bon port. Il est midi, contrat rempli, une bonne douche et je pourrais passer à table en famille.

J’ai réussi à vaincre ce que je crois être mon second col à plus de 2000 mètres mais j’apprendrai plus tard que décidément les cols des Pyrénées Orientales ne me réussissent pas car celui-ci n’est pas non plus comptabilisé par le club des cent cols.

D.Taya2 Décembre 2002


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