Cormet de Roselend (73) Altitude 1968 mètres
En ce mois de juillet 2000 j’étais fermement décidé à en découdre pour la toute première fois avec les cols alpins.
Je débarquais donc avec ma petite famille au cœur du Beaufortain, destination le si joli village d’Arêches avec bien entendu mon fidèle destrier dans mes bagages.
Il faisait beau mais un peu fais en partant de Montpellier, cela c’était fatalement traduit par une température d’à peine 10° au sortir des tous derniers lacets au dessus de Beaufort menant à Arêches.
Le pire était pourtant à venir car le 11 Juillet une bonne couche de neige avait recouvert nos sacs à dos lors d’une randonnée en montagne au dessus du lac de Roselend nous obligeant à écourter notre périple ce matin là.
Aucune possibilité donc d’enfourcher ma monture durant les premiers jours, je ronge mon frein en contemplant les sommets enneigés.
Le jeudi, soit 4 jours après mon arrivée, la météo laisse entrevoir une demi journée favorable. Il ne m’en faut pas plus pour me décider à partir de bon matin affronter les pentes avec comme premier objectif le Cormet de Roselend et ses 1222 mètres de dénivelé
Je sors donc la tenue qui va bien, c’est à dire le cuissard long, les gants, la polaire et me voilà parti comme en hiver. Je descends donc directement sur Beaufort où j’arrive un peu frigorifié puis je prends à droite pour débuter l’ascension, altitude 740 mètres.
Je suis rapidement pris par la pente, je ne dispose que d’un 39x26 et je dois utiliser mes braquets les plus petit un peu trop vite à mon goût. J’ai du mal à me mettre dans le rythme, je continue à grimper dans une belle forêt.
Un camping est dépassé puis un premier lacet, le soleil est au rendez-vous, tant mieux ça va réchauffer l’atmosphère. Ca y est, à présent je commence à être un peu mieux, et là c’est magique, tout est enneigé au dessus de moi, les arbres, les sommets éclairés par le soleil. C’est magnifique, j’en prends plein les yeux, ça valait le coup d’attendre quelques jours avant de rouler.
Je suis tout de même surpris par la pente, ça change de l’année précédente avec la grimpée toute en douceur sur Font Romeu. Ici il y a des passages entre 8 et 9 %, c’est plutôt irrégulier mais ça va de mieux en mieux.
Plus je grimpe plus je vois la neige tout autour de moi. J’arrive à présent en haut du col du Meraillet, altitude 1605 mètres.

A droite le barrage, je continue pour aller sur le Cormet lui même. Il s’agit d’un long faux plat qui longe le lac de Roselend.
Le barrage
Alors là je suis bluffé, c’est vraiment beau, comme ça ne grimpe plus j’ai tout loisir d’apprécier le spectacle. Une chapelle sur le bord de la route, un troupeau de vaches les pattes dans la neige, les reflets des nuages sur les eaux bleutés du lac, je suis seul, je suis bien j’aimerai que cela ne s’arrête jamais.
La chapelle
Hé bien si ça s’arrête justement, le lac est laissé derrière, la route plate aussi et il faut recommencer à grimper avec au bout d’1 km un passage à plus de 9 %. Il ne fait pas très chaud, heureusement que j’ai pris une tenue adaptée. Je passe dans de la rocaille, j’ai retrouvé un rythme de grimpette acceptable.
Je dépasse le refuge aux alentours de 1800 mètres où on a pris la neige l’avant veille mais toujours pas de sommet en vue. C’est un peu languissant puis enfin ça y est je vois le panneau, Cormet de Roselend, altitude 1967 mètres. Encore raté pour ce qui est des cols à + de 2000 mètres, tant pis pour le club des cent cols.
Les derniers hectomètres
Je m’arrête quelques instants afin de me ravitailler mais aussi pour profiter du spectacle qui s’offre à moi avec une vue imprenable sur la vallée. J’échange quelques mots avec un groupe de cyclos qui s’est offert le col dans l’autre sens puis j’enfourche mon vélo afin de redescendre sur mon camp de base.
Le long du lac je devrais mettre pied à terre de longues minutes afin de céder le passage à un interminable troupeau de vaches le tout dans un joyeux vacarme de cloches et de beuglements.
Arrivé au niveau du barrage, je me décide à prendre le chemin le plus court pour rejoindre Arêches en roulant sur le barrage. Cette option présente le double avantage de m’offrir un splendide point de vue ainsi qu’un col supplémentaire à savoir le col des près et pour pas cher en plus vu qu’il n’y a que trois ou quatre kilomètres pour parvenir au sommet.
Retour à Arêches par le charmant village de Boudin au terme d’une bien belle matinée qui m’aura permis d’accrocher 3 cols supplémentaire à mon modeste palmarès mais surtout de me révéler des paysages somptueux, de ceux qui ancrent au plus profond de notre être la passion de la montagne.
D.Taya2 Janvier 2003
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