Port de Pailhères (09) Altitude 2001 mètres

2005, peut-être la dernière année où je vais "me faire des cols" avant un bon bout de temps, autant en profiter sous le beau soleil ariégeois.
J’ai décidé d’entrée de m’attaquer au redoutable Port de Pailhères qui culmine à plus de 2000 mètres.
La chaleur est au rendez-vous en ce lundi 11 juillet, les voitures aussi sur la nationale 20 très fréquentée entre les Cabannes et Ax les Thermes. Pas de temps à perdre je quitte donc le VVF en voiture direction la gare d’Ax où je pourrais me garer facilement.
Quelques minutes après c’est chose faite. Je me prépare rapidement et c’est parti!
L’échauffement est très réduit puisque dès les premiers coups de pédales ça grimpe, certes légèrement jusqu’au rond point du cœur de village mais tout de suite à gauche sur la route d’Ascou Pailhères ça se corse.

Les panneaux annoncent que les cols sont ouverts!
J’y vais donc prudemment car cette année je n’ai pas trop roulé et le seul vrai col que j’ai grimpé en 2005, la Luzette, m’est resté un peu en travers. Heureusement j’ai mon nouveau vélo un Kuota Karma tout carbone doté d’un compact 34x50. J’ai même ressorti une vieille roue Hélium qui elle dispose d’un 28, si avec ça je n’arrive pas en haut !
Les premiers lacets sont un vrai bonheur, il fait si beau, le revêtement rend bien, le décor est sympa dans les feuillus, je roule en dedans, j’apprécie pleinement ce début d’ascension. Les 3,5 premiers kilomètres bien escarpés offrent un beau panorama sur Ax. Ils sont communs avec le col de Chioula puis les routes se séparent peu avant Ascou. Jusque là, tout va bien, je suis bien, le Kuota beaucoup moins exigeant que le Cannondale me permet de profiter pleinement de ces instants tant attendus tout au long de l’année d’autant plus qu’avec le compact le peux me livrer à mon exercice favori : la moulinette.
Quelques kilomètres après Ascou un passage le long d’un petit plan d’eau permet de récupérer.
Peu après La forge, une petite route à droite permet d’accéder à un difficile sentier de randonnée pour la dent d’Orlu où j’irai dans quelques jours avec mon épouse. Pour l’heure il faut aller de l’avant et continuer de pédaler. Les derniers hameaux sont dépassés, les prochains lieux habités seront ceux des stations de ski.
Le paysage a bien changé, fini les feuillus, place aux grandes prairies pelées. La route aussi a changé, elle est plus étroite, le revêtement plus rugueux avec des changements brutaux de pente. Je ne vois pas grand monde lancé à l’assaut de ce col. Je double de rares cyclistes esseulés qui luttent contre le dénivelé mais on est bien loin de l’affluence de certains cols Alpins ou même Pyrénéens beaucoup plus célèbres mais pas plus difficile. Car ce col est un vrai col très corsé, heureusement que j’ai un compact. J’ai vraiment bien fait d’y aller cool au début car certains passages font très mal et plus on monte plus ils sont douloureux.
Arrivé au niveau de la station d’Ascou Pailhères de sérieux "coups de cul" confirment ces impressions, ce col est vraiment irrégulier. Il fait plus frais, je joue du braquet et de la moulinette, pour l’instant je ne m’en sors pas trop mal. Je laisse cette station qui paraît fantomatique en cette saison pour parvenir dans des lacets qui me permettent de bien relancer. Je m’alimente et m’hydrate car mon expérience m’a rendu prudent et je sais que sur un effort aussi long cumulé à l’altitude un coup de moins bien peut survenir à tout moment.
J’ ai l’impression d’être au bout mais un autre raidar me rappelle à l’ordre, ce n’est pas encore fini!
Ce coup-ci j’en suis certain c’est la fin, j’accélère mais non ce n’est pas le sommet, il faut encore pédaler quelques centaines de mètres pour arriver au panneau annonçant 2001 mètres d’altitude. Ouf, ça y est les 19 km d’ascension sont derrière moi en 1 h 31 mn.

Un bien beau panorama
Je m’en suis pas trop mal tiré. Je jette un rapide coup d’œil au panorama sur la route venant de Mijanès le temps d’enfiler un coupe-vent et je repars sans plus attendre car il fait carrément frais. A moi le plaisir de la vitesse avec les virages pris en enfilade, je l’ai bien mérité!
D.Taya2 Décembre 2005
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