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Col du Portet (65) Altitude 2215 mètres

Après une première semaine de vacances bien remplie avec notamment l'ascension des cols d'Azet et Aspin à l'entraînement ainsi qu'en cyclosportive (voir : L'Ours 2002) j'avais décidé de consacrer cette deuxième semaine à grimper des cols à + de 2000 mètres afin d'obtenir les derniers cols nécessaires pour devenir enfin un "cent cols".

Pour récupérer de l'Ours je m'étais tapé dés le lundi Peyresourde et la remontée d'Azet sur Val Louron. Les sensations du lundi étant plutôt bonnes, je partais donc à l'aventure le mercredi après-midi, direction St Lary Soulan sous un ciel couvert.

Une descente rapide du col d'Azet me conduit au pied du Plat d'Adet après avoir traversé St Lary. Il faut en effet emprunter une bonne partie de la montée sur la station du Plat d'Adet avant de bifurquer sur le col du Portet.



Au loin la montée sur le Plat d'Adet

Après Vignec je m'engage prudemment dans cette ascension car je sais qu'elle est corsée. En effet, un premier panneau annonce un pourcentage moyen sur le km qui suit à 9%. La route est large avec un magnifique revêtement. On ne va pas s'affoler et mettre d'entrée le petit plateau de 34. Je grimpe en dedans, un oeil sur le cardio. Le km suivant s'annonce à 10% de moyenne, je continue sur le même tempo, un coup assis, un coup en danseuse. Il en va ainsi des km qui suivent, toujours une belle route et toujours du 10 %.

Je suis pas mal du tout, c'est dur mais j'ai pris un bon rythme. A l'occasion de virages je me retourne et je vois un cyclo en contrebas qui visiblement s'emploie pour essayer de me rejoindre. Ceci a pour effet de me faire accélérer l'allure. Cette fois-ci je suis vraiment rentré dans le col, les jambes tournent plus vite. Arrivé au beau petit village de Soulan la pente se radoucit à 7% environ, ça soulage car les 4 km depuis le départ étaient impitoyables ! Je me retourne pour constater que mon poursuivant n'est plus là. L'accalmie est de courte durée, à la sortie du village, ça repart sur du 9%.

J'arrive enfin sur une sorte de plateau de transition où la route est plane avant un carrefour. Tout droit c'est le Plat d'Adet, à droite le col de Portet. Je prends donc à droite et grimpe environ 1 km pour arriver à une sorte de station intermédiaire et puis plus rien. C'est un cul de sac, mais où est donc la route du col ?

Je fais demi-tour pour revenir au croisement. Je suis un peu interloqué quand à ce fameux col, je décide de grimper jusqu'au Plat d'Adet. C'est reparti, la pente est mois sévère qu'au début, j'ai vu les bâtiments au loin depuis le croisement. La route est moins large mais pas désagréable sous les arbres. Je vois devant moi mon cyclo du début qui m'est passé devant lors de mes hésitations. Je le rattrape et le double en le saluant. Enfin j'arrive aux premiers immeubles de la station. La route grimpe encore un petit moment, je poursuis mon effort pour rejoindre un autre cyclo jusqu'à ce que la route se termine. Nous échangeons quelques mots, je mets mon coupe vent et je repars en sens inverse.

Intrigué de ne pas avoir trouvé la route du col du Portet je profite de la descente pour scruter la montagne. A force de regarder, j'aperçois des voitures qui montent ou descendent des lacets en face de moi. Euréka, la route existe, mon collègue de club Jacques ne m'avait pas menti, il ne me reste plus qu'à la trouver.

Parvenu au croisement je bifurque à nouveau. J'enlève le coupe-vent car à présent le soleil brille généreusement. Je grimpe à nouveau et soudain je comprends où est la route du col. En fait, il faut passer une barrière sur la droite avec un panneau indiquant que la route est dégradé ou un truc dans ce style. Je suis ravi, je vais pouvoir aller conquérir mon 4ème col à plus de 2000 mètres. La route est toute petite et dégradée mais magnifique au milieu des Alpages. J'attaque une série de lacets, le pourcentage est tout de même important entre 7 et 8% environ. Au bout d'un moment la route abîmée se transforme en une sorte de chemin. Je me dis que c'est juste un mauvais passage et je continue. En effet quelques hectomètres plus loin le bitume refait son apparition, me voilà rassuré. Un peu plus loin je dois éviter des moutons qui sont couchés sur la route. Je grimpe toujours en croisant quelques véhicules qui doivent se ranger pour me laisser le passage.

A nouveau la route se dégrade au point de devenir un mauvais chemin. Je m'interroge pour savoir si je continue puis je décide de poursuivre, je ne vais pas échouer si prés du but. Le ciel c'est couvert à nouveau. Je suis toujours dans des lacets, sur un chemin loin de tout. Je croise un berger et ses chiens qui me regarde d'un air bizarre. Il doit se demander ce que fait là un cycliste avec un vélo visiblement pas du tout adapté au revêtement. L'effort est difficile car la pente est tout de même importante, je n'en vois pas le bout.

A présent , je suis près des nuages, il ne fait pas très chaud. Le chemin redescend un peu vers un tunnel. C'est le bouquet, je dois traverser un tunnel bien évidemment pas éclairé sur un chemin pourri ! J'ai vu avant l'entrée que le bout du col n'était plus très loin, juste en face, alors je continue. Ce n'est pas une partie de plaisir, le sol est bizarre, un peu mou par endroit, humide. Je sors enfin de cet endroit désagréable. Un dernier lacet, un ultime coup de rein et je suis en haut, carrément dans les nuages. Je ne m'arrête même pas, pressé de m'éloigner de ce coin perdu. J'ai vraiment l'impression d'être au bout du monde, ce n'est pas très rassurant.



Col du Portet, vue d'ensemble

Je dois à nouveau passer ce maudit tunnel, remonter un peu avant de commencer à redescendre. L'exercice n'est pas facile, il était presque plus aisé de grimper que de descendre dans ce chemin. Je dois veiller à ne pas glisser. C'est là que je me rends compte de la difficulté de cette ascension, car ça grimpe pas mal et la chaussée n'a rien d'une route. C'était un peu de la folie et je me demande comment j'ai pu grimper ça avec un vélo de route. La descente me paraît interminable, forcément vu la vitesse à la quelle je vais.

Un peu plus bas je croise mon berger et ses moutons puis enfin je retrouve le bitume. Ouf, quel soulagement, je retourne à la civilisation. Il me faut passer la barrière puis parvenu au croisement je roule à nouveau sur la route. Quel contraste, ici c'est un billard, je dévale à présent à une vitesse folle. Pratiquement en bas de la descente une guêpe se glisse sous mon casque et me pique le cuir chevelu. La douleur est terrible, je suis à grande vitesse et ne peut donc m'arrêter aussitôt. Je termine la descente pour me dépêcher d'ôter mon casque. L'assaillante gît par terre mais en attendant j'ai vraiment mal.

Je panique un peu car j'ai souvenir d'une fois où suite à une piqûre de guêpe à l'oreille j'avais dû rester alité tout l'après-midi complètement sonné. Là il n'est pas question de me coucher vu que je dois remonter le col d'Azet avant de basculer sur Val Louron. Déjà qu'il n'est pas facile, qui plus est après avoir escaladé le Plat d'Adet et le col du Portet il ne me manquait plus que ça ! D'autant plus que je ne peux joindre mon épouse partie en voiture avec la petite famille.

Je décide dans un premier temps de boire et de m'alimenter puis comme la douleur s'estompe un peu d'essayer de repartir. Je traverse donc St Lary tranquillement puis les premières pentes du col d'Azet qui ne sont pas très difficile. Finalement lorsque je parviens aux endroits les plus pentus, je n'ai plus aucune douleur et ça se passe plutôt bien. Mieux, sur le haut je retrouve des jambes et je termine comme un boulet, la folle guêpe m'aurait elle inoculé un venin dopant ?



Ascension du col d'Azet

Arrivé en haut du col d'Azet je me retourne pour regarder en face les montagnes que je viens de "conquérir" pour me convaincre que je n'ai pas rêvé.



Quelle aventure que ces 3 heures et demie, ce n'était vraiment pas une sortie comme les autres, je m'en souviendrai !

D.Taya2 Juillet 2003


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