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Col des Saisies (73) Altitude 1633 mètres



Le temps s’étant franchement mis au beau, j’allais pouvoir profiter pleinement de cette région dénommée également le "Tyrol Français". C’était sans compter sans de sérieux problèmes gastriques liés apparemment à l’eau que mon pauvre appareil digestif de la plaine avait du mal à supporter. Ma sortie de ce matin là fut donc annulée. A midi ça allait un peu mieux, je décidais donc de partir l’après-midi même pour un col un peu moins haut avec l’intention de le faire en dedans pour récupérer.

Me voilà donc reparti direction Beaufort avec comme objectif le col des Saisies. Ce coup-ci je tourne à gauche dans Beaufort pour quelques km plus loin virer franchement à droite et attaquer le col par la voie classique.



La coopérative de Beaufort où l'on fait un si bon fromage!

Il fait franchement beau et même presque chaud dans la vallée. Quel changement par rapport à la sortie du Cormet. J’attaque comme j’ai décidé, tranquille, d’autant plus que je n’ai pas un très bon coup de pédale en ce début d’ascension, sans doute les ennuis digestifs de la veille ont-ils laissé des traces.

La route est large, ombragée, ça grimpe plus qu’il n’y paraît, je cherche un rythme que je ne trouve pas. Il faut tomber du braquet. Je vois 2 cyclistes au dessus de moi, malgré moi j’accélère légèrement pour les rattraper. Je dois m’employer un bon petit moment pour en rattraper un. L’autre grimpe beaucoup mieux, il m’a vu et il a accéléré, il s’éloigne rapidement. On est pas du tout dans le même tempo. Je reste dans la roue de son collègue quelques instants pour récupérer et puis je passe en saluant et le gars me répond en anglais, sans doute un américain. Tiens sur le bas côté il y a des campings-cars garés, plus ça va, plus il y en a. Ca y est j’ai compris, nous sommes à la veille du passage d’une étape du tour de France qui va emprunter ce col dans le même sens. Certains ont déjà réservé leur place. Bon ben je vais faire comme les pros mais avec 24 h d’avance et bien entendu à un tout autre rythme !

Mon camarade ne veux pas lâcher le morceau, il s’accroche à ma roue. Ca m’énerve, j’aime grimper seul pour profiter pleinement de la montagne. J’accélère un peu plus jusqu’à ce qu’il soit décroché. Ca dure un bon moment puis il abandonne. J’ai fait le malin mais à présent il me faut récupérer car la route est encore longue et j’ai pas la grande forme. Je regarde au loin et je vois encore des cyclistes devant moi. Apparemment je ne suis pas le seul à vouloir grimper ce col la veille du passage des pros, sauf que moi je ne l’ai pas fait exprès.

Je commence à en rattraper, bien évidemment j’ai accéléré le rythme, alors que je voulais justement ralentir. On verra un peu plus haut. Je salue et on ne me répond toujours pas en Français. Il s’agit là d’un sacré groupe de cyclistes disséminés le long du col, ils sont nombreux. Certains sont vraiment en balade, les autres doivent être devant. Une voiture suiveuse les accompagne. A nouveau certains se mettent dans ma roue et comme de bien entendu, je fais tout pour les larguer. L’ascension que je voulais faire cool ne l’est en fait pas du tout. Du coup j’ai oublié que je n’étais pas au mieux et j’ai retrouvé comme par magie des jambes pas trop mauvaises.

Arrivé au croisement en légère descente qui va sur le col du Joly. Je prends à gauche, direction la station des Saisies. Je continue à voir des vélos devant moi. Ce coup-ci je vois une féminine avec un maillot style débardeur aux couleurs américaines suivie de prés par un véhicule d’assistance qui encourage sa jeune protégée. Là pas de doute, elle fait partie de la troupe. Je dois m’employer pour la reprendre. Elle est d’un petit gabarit, juchée sur un cadre slooping mais elle ne fait pas semblant, elles tourne très bien les jambes et a mis une pâtée à pas mal de mecs de son groupe. En m’approchant, je constate que non seulement elle grimpe mais en plus elle est tout à fait charmante, sous sa tignasse blonde et bouclée se dessine un sourire lorsque arrivé à sa hauteur je lui adresse un petit mot d’encouragement, c’est agréable et ça redonne des forces pour pédaler.

Le paysage a changé, plus aucun arbre, des beaux lacets resserrés avec des chalets un peu partout. La route est plus étroite, ça me convient beaucoup plus.



La route serpente

Encore 2 cyclistes devant moi, je reviens à leur hauteur, je suis surpris de m’entendre répondre dans la langue de Molière. Effectivement ils portent des maillots avec des pubs en Français, je leur fait part de ma joie de rencontrer des cyclos de l’hexagone. Ils grimpent pas mal mais comme depuis le début j’ai passé mon temps à rejoindre et doubler je suis dans un tempo assez intensif, je vais donc bien plus vite qu’eux. L’un des deux change de rythme pour rester en ma compagnie. Au bout de quelques hectomètres, voyant que son compagnon de route est lâché, il me laisse seul.

Je relance un coup en danseuse, un coup assis, ça va pas mal du tout. Je vois la station des saisies encore assez éloignée et ho surprise j’aperçois le cyclo que j’avais vu au tout début de l’ascension en compagnie d’un autre qui a été ma première "victime". Il a du appuyer fort le bougre parce que je ne me suis pas amusé. Je ne sais pas si je pourrais le rattraper car il est vraiment loin. Je continue de grimper sans souffrir, il y a toujours des campings cars à droite à gauche.

La station se rapproche, j’ai gagné énormément de terrain sur le cyclo. Arrivé dans les premières maison des saisies, je fond littéralement sur lui. Il est vrai que j’ai accéléré car je sais qu’on arrive en haut mais je constate également quand je le double qu’il est complètement cuit, il n’avance plus du tout. C’est vrai que ça grimpe pas mal dans la station. Je le laisse donc littéralement sur place et je continue persuadé d’en avoir terminé.

Hé non, le sommet du col n’est pas encore là, il faut traverser toute la station puis continuer encore un peu jusqu’au panneau col des saisies.



Le sommet

Je m’empresse d’enfiler un coupe-vent car il ne fait pas chaud du tout et puis j’ai bien transpiré en grimpant. Voilà, mission accomplie, ce n’est pas un des cols les plus difficiles que j’ai eu à affronter mais par contre c’est un de ceux que j’ai grimpé le plus vite un peu comme lors des sorties club lorsqu’on s’allume dans les petits cols de l’arrière pays Héraultais. Moi qui voulait le grimper cool, c’est bien raté.

D.Taya2 Février 2003


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