Col de Vars (04) Altitude 2108 mètres
Pour débuter ma série de cols durant cet été 2003, je décidais de m’attaquer au col de Vars que je jugeais le moins difficile. Le fait que le tour de France soit également présent le jour même en provenance de l’Izoard m’incitait à fuir ce secteur afin de ne pas me retrouver englué au beau milieu de la foule drainée par cet événement planétaire.
Je partais donc assez tôt pour être revenu avant que les routes ne soient fermées. Le départ de Ceillac débute par une descente pentue et technique de 5 km ce qui n’est pas très encourageant pour le retour. Arrivé à Maison du Roy, je bifurque à gauche direction Guillestre. La route étroite est magnifique dans les gorges parsemées de tunnels.
Les gorges du Guil
Le beau temps est de la partie, il en sera de même durant les 2 semaines de vacances en Queyras. Au bout de quelques kilomètres, je parviens à Guillestre point de départ de l’ascension du col.
La route est large avec un beau revêtement, c’est agréable mais cela laisse présager qu’elle est plutôt fréquentée. Comme il est tôt, j’ose espérer que les véhicules ne seront pas trop nombreux. La pente est tout de suite bien prononcée, au moins du 8 %. D’après ce que j’ai pu glaner comme information, ce sont les premiers kilomètres les plus pentus. Il faut donc se mettre sans tarder sur des petits braquets pour ne pas avoir les jambes trop tétanisées par la suite. Je passe donc sur le plateau de 34, ça coule beaucoup mieux.
La route s’élève assez vite et au détour de lacets on peut admirer Guillestre et la cité fortifiée qui la domine. Je me sens assez bien mais je ne m’enflamme pas car certaines expériences des années précédentes m’ont appris qu’en haute montagne rien n’est jamais acquis tant qu’on n’est pas au sommet. La végétation est tout de même verte à cette altitude, des près à vaches et des feuillus.
Au 3 ou 4ème kilomètre, un cycliste me rattrape et me double sans coup férir. Un bref salut et puis s’en va. Comme je suis largement en dessous du seuil critique, je suis tenté de le suivre mais la raison l’emporte car la route est encore longue, je le laisse donc partir à regrets. Il est jeune, affûté avec un beau coup de pédale, c’est beau à voir. Durant un moment, cela me fait une distraction que de le suivre, ensuite il s’échappe à ma vue. Je n’ai plus qu’à me concentrer sur mon effort.
Ca monte toujours autant, avec quelques coups de reins à donner dans certains passages. Il n’y a pas trop de voi-tures, tant mieux. J’ai trouvé un rythme de croisière, certes je ne vais pas très vite mais je me sens bien, j’accélérerai l’allure lorsque ça montera un peu moins.
Finalement je parviens à un premier replat, c’est avec plaisir que je relance la machine. C’est à mon tour de dou-bler un cyclo qui va moins vite. Un petit salut et je repars de plus belle.
S’ensuit une légère descente avant de rentrer dans Vars que j’ai vite traversé pour à nouveau grimper avec toutefois une pente moins rude.
La route serpente entre les Alpages, au loin je vois un autre village. Il s’agit en fait d’une des parties de Vars qui en compte trois. Tiens, voilà mon cycliste à la socquette légère tout là-bas, il m’a certes pris du terrain mais moins que je ne l’imaginais. Comme je me sens bien et que ça ne monte pas plus que ça, j’en remets une couche. Sûr que je ne le rattraperai pas mais je réduis l’écart!
La seconde partie de Vars étant traversé je continue, ça grimpe un peu plus, mais surtout c’est assez long bien que le temps soit doux et le paysage sympa.
L’arrivée à ce qui constitue la dernière partie de Vars, la plus haute et la plus moderne avec ces grands immeubles, coïncide également avec des passages beaucoup plus pentus. Comme il y a pas mal de monde dans la station je fais celui qui va bien malgré la pente et j’en remets une autre couche. Le cardio s’affole un peu, la longueur de l’effort et l’altitude commencent à faire effet.
Ouf, à la sortie de la station la pente s’adoucit et comme il n’y a plus personne je peux ralentir le rythme. Je me remets tranquillement, il y a une sorte de replat au bord d’un petit plan d’eau. Quelques courageux font du footing, on s’encourage mutuellement.
A présent ça commence a devenir long, la végétation se fait plus rase, la température baisse. Je vois sur ma gau-che un grand bâtiment en pierre, il s’agit du refuge Napoléon. Je déchiffre les inscriptions sur la façade tout en continuant de pédaler. Je ne dois plus être très loin du sommet, un dernier raidillon me parait presque insurmon-table, il est temps que ça se termine. Je dois payer le coup de frime de tout à l’heure dans la station.
Enfin voilà le sommet, un dernier coup de rein et c’est terminé. Tiens voilà mon cycliste du début de l’ascension, il vient juste d’en terminer lui aussi, finalement je ne l’ai pas si mal monté, les 19 km avec 1111 mètres de dénivelé en 1 h 10.

Le sommet du col
De l’autre côté c’est la descente sur Barcelonette. Pour ma part c’est demi tour après avoir enfilé un coupe-vent. La descente se fait à toute allure si ce n’est quelques frayeurs causées par une voiture déboulant sans regarder, suivie d’un groupe de marcheurs qui en fait tout autant.
Revenu à Guillestre je me dépêche de repasser tous les tunnels afin de ne pas croiser les premiers véhicules annonceurs du tour de France. J’ai de la marge, seuls quelques spectateurs sont déjà installés.
Maison du Roy marque le début de la grimpette sur Ceillac. Elle n’est pas piquée des vers, 5 km à prés de 10 % mais elle est magnifique avec de beaux lacets, des rochers et un torrent vers le haut. Finalement j’arrive à la digérer sans trop de problèmes sur de très petits braquets. Retour au VVF après un peu plus de 3 heures pour 66 km sous un beau soleil et une température déjà chaude malgré l’altitude de 1600 mètres.
Ceillac en Queyras
Il ne reste plus qu’à se doucher, prendre le pique-nique pour aller voir passer la caravane et le tour à Maison du Roy avec toute la petite famille dans cette étape qui coûtera très cher à l’espagnol Beloki lors des ultimes km avant Gap.
D.Taya2 Décembre 2003
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